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Tête à tête avec Richard Roy – Personnalité du mois de juin 2018

7 septembre 2018

Courir pour les Zèbres à Rivière-du-Loup, c’est une course, c’est une marche, c’est une bonne cause. L’événement qui en était à sa troisième édition le 6 mai dernier, vise à faire la promotion des maladies orphelines, à soutenir les familles qui vivent avec ces maladies au quotidien et à amasser des fonds pour le Regroupement québécois des maladies orphelines et la Fondation Simon Le Zèbre. Richard Roy est beaucoup plus qu’un ambassadeur bas-laurentien pour la course, il est aussi physiothérapeute, expert en course à pied, et co-propriétaire d’une microferme urbaine durant ses temps libres! Polyvalent vous me direz, mais ô combien généreux!

D’abord Richard, explique-moi comment a débuté ton implication dans « Courir pour les Zèbres »

En 2015, alors que je débutais en tant que travailleur autonome, j’ai choisi de me spécialiser en course à pied. J’ai donc suivi une formation pour devenir entraîneur, où j’ai rencontré Marie-Ève Pelletier, la maman du petit Simon. Son conjoint Martin Guilbert et elle lançaient le Fonds Fondation Simon-le-Zèbre alors que leur 3e enfant était atteint du syndrome de Sotos, une maladie orpheline qui touche un enfant sur 14 000. Ils cherchaient une façon de rassembler les gens, d’amasser des fonds et de permettre aux familles de se rejoindre pour discuter entre elles des difficultés qu’elles vivent. Comme les deux étaient passionnés de course à pied, ils ont décidé d’organiser une course virtuelle qui consiste à parcourir une distance de 7 000 mètres en deux jours, que ce soit à la marche, à la course, à vélo, peu importe!

La première année, j’ai simplement partagé l’événement sur les réseaux sociaux pour inviter les gens de Rivière-du-Loup à se joindre à moi pour la cause. Nous étions douze devant le Cinq-90 pour le départ, arborant fièrement le foulard à l’effigie de la Fondation, prêts à déferler les rues de la ville. L’année suivante, on m’a approché pour que je devienne ambassadeur. J’étais très flatté de me trouver aux côtés d’ultramarathoniens comme Patrice Godin et Florent Bouguin! Pour la deuxième édition, ce sont plus de 100 personnes qui se retrouvaient sous une pluie diluvienne au Parc Urbain pour 7 tours de piste, totalisant les 7 000 mètres requis par participant. Cette année, nous étions un petit peu plus de 200, le plus gros rassemblement au Québec! Reste à voir ce que nous réserve la prochaine édition.

Pourquoi as-tu choisi de t’impliquer pour cette cause en particulier?

Ce que j’aime, c’est son côté rassembleur. Derrière Simon, il y a plusieurs familles aux prises avec cette même réalité. Ce n’est pas seulement une personne qu’on vient aider, c’est une visibilité que l’on offre, un peu comme Pierre Lavoie avec les maladies orphelines. On espère que la course des zèbres se développe et grandisse. J’ai une immense fierté de voir les gens qui s’activent, qui évoluent grâce à cette cause. Je pense à une personne entre autres qui a réussi à compléter son septième kilomètre grâce à l’énergie du groupe qui a une valeur inestimable sur le dépassement de soi.

La course à pied occupe une belle et grande place dans ta vie, peux-tu me raconter comment est-ce que tu as évolué à travers cette discipline?

Très jeune, je n’étais pas sportif du tout… En secondaire 4, j’avais un surplus de poids et je n’étais visiblement pas en forme. Je me suis mis à faire beaucoup de vélo et j’ai été patrouilleur sur la piste cyclable pendant trois ans, où j’ai roulé… et fondu! À la suite de mes études en physiothérapie à l’Université Laval, j’ai déménagé à Montréal avec ma conjointe pour y travailler. Comme la pratique du vélo à Montréal n’est vraiment pas chose facile, j’ai donc commencé à courir sur le Plateau Mont-Royal, la mine des coureurs!

En clinique, j’ai rapidement été confronté à plusieurs patients blessés par la course. Comme je n’étais pas expert en la matière, après 6 mois de travail, j’ai suivi ma première formation avec La Clinique Du Coureur pour la prévention des blessures en course à pied. J’ai continué à me spécialiser dans cette discipline pour devenir la référence de ma clinique. De retour à Rivière-du-Loup, je souhaitais que la Clinique du Littoral où je travaillais devienne la première certifiée dans le coin. J’ai donc complété ma formation d’entraîneur en course à pied pour acquérir davantage d’expérience. En 2014, j’ai été thérapeute pour le Défi des éclaireurs afin d’accompagner 18 coureurs dans une course à relais de Gaspé à Rivière-du-Loup sur une période de trois jours. J’ai donc réalisé le défi avec eux et c’est vraiment à ce moment-là que j’ai eu la piqure! On a continué à courir ensemble durant l’été et j’ai développé une réelle passion pour la course. J’ai réalisé qu’en fait, c’est le plus beau sport d’équipe qui soit! Pour l’encouragement, la motivation et le support qu’on puise dans le groupe. J’ai donc eu l’idée de débuter les groupes de course du midi pour provoquer cette adrénaline qui nous incite à se surpasser. Comme je n’ai aucune ambition à la performance, j’aime beaucoup l’idée du « pace du bonheur », c’est ce qui m’anime!

Comment est-ce que tu accompagnes les gens dans la poursuite de leurs objectifs?

En général, les gens viennent me rencontrer parce qu’ils souhaitent débuter la course à pied. On discute d’abord de la technique, je leur propose par la suite un programme, les conseille dans l’achat d’une bonne chaussure. Puis on débute sur le tapis roulant pour initier la technique optimale dès le départ et je les accompagne dans leur cheminement en fonction de la progression de chacun. J’offre aussi des cours de groupe pour les débutants et les intermédiaires, qui incluent un volet théorique et un volet pratique. Ce sont des sessions de huit semaines, pour des petits groupes de 5 à 6 personnes. Les entraînements sont très personnalisés et adaptés pour permettre une évolution saine.

Dans ma profession, je suis absolument passionné par cette clientèle de course! Ce sont des gens qui ont des objectifs clairs, ils sont dynamiques et déterminés à guérir. C’est pourquoi je suis d’emblée porté vers les nouvelles formations offertes par la Clinique du Coureur pour la spécialisation en course à pied. Parallèlement, j’ai complété ma certification en 2016 pour pratiquer l’approche McKenzie à la clinique. C'est une méthode active qui met l’emphase sur l’éducation du patient et de l’importance de sa participation dans son rétablissement pour qu’il devienne le plus autonome possible.

Et La Branche Tordue est arrivée à quel moment dans tout ça?

La Branche Tordue est née à Montréal. Comme ma conjointe et moi sommes originaires de Rivière-du-loup, le balcon de 20 pieds carrés à Montréal rempli de bacs à légumes nous rendait un peu dingues. Nous rêvions de boisé, de grands espaces, d’une maison en campagne avec une petite fermette pour avoir nos poules, nos jardins et de l’espace pour nos futurs enfants. À défaut de trouver cette propriété rare autour de Rivière-du-Loup, nous avons trouvé une belle propriété en ville avec un petit verger, un grand rectangle de pelouse à transformer en jardin et une terre agricole à St-Alexandre. La curiosité insatiable de ma conjointe pour les différents cultivars de légumes ancestraux et rustiques à notre région et notre désir de semer dès que la neige soit fondue (cette année, je l’ai forcée à la pelle…) a fait que nous nous sommes rapidement retrouvés avec des surplus de plants et de légumes que nous avons commencé à offrir à nos collègues et amis. Depuis 2 ans, nous nous consacrons surtout aux plants pour la vente en début de saison, aux « primeurs » au jardin pour avoir des légumes avant que les marchés publics et les paniers bios ne débutent et à la culture de champignons forestiers. 2018 aura été l’été où j’ai réalisé que tous ces projets en font beaucoup, surtout avec un troisième enfant qui est prévu très tôt en 2019. La Branche Tordue sera probablement plus discrète en 2019, mais cette passion va continuer de se cultiver pour rejaillir sous une forme plus aboutie dans les prochaines années…

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